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les bibliographies sélectives

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Le sérieux d’un travail décrivant un très grand nombre de faits avec les sources de renseignement les concernant est garanti par la nature et la précision des  citations qui permettent de les identifier.

Nous traitons séparément l’usage de la notion de rumeur qui par définition est développée en l’absence de toute source sérieuse (Pi1rumeurs.html ). Seules les informations identifiant la personne, l’organisme, la publication ou le média concernés sont envisagées ici.
Le contraste est étonnant entre la précision des citations des médias généralistes ou spécialisés de la presse automobile  allant dans le sens des thèses d’Airy Routier et l’absence habituelle de référence concernant les données provenant d’organismes scientifiques ou de structures telles que l’Observatoire national interministériel de sécurité routière.
L’analyse des notes de bas de page de « La France sans permis » permet de relever 37 citations précises référençant :

  •  16 fois des médias écrits généralistes (Le Parisien, le Figaro, France-soir, Le Monde, 20 minutes)
  •  7 fois des magazines généralistes (l’Express, le Nouvel Observateur, le Canard enchaîné)
  •  3 fois des magazines spécialisés dans l’automobile (Auto-plus, l’Auto-journal)
  •  5 livres (l’horreur sécuritaire, la société du radar, le modèle français, conduite à gauche, citoyens de la route)
  •  2 fois une émission de télévision (le droit de savoir, Arènes de France)
  •  1fois un organisme producteur de données, l’ETSC (European Safety Council) avec une longue énumération de données favorables en apparence aux thèses d’Airy Routier, éliminant les données défavorables (voir : Pf4baissedelamortaliteeneurope.html ).

L’auteur évite systématiquement de produire des références précises sur les faits documentés par des organismes de recherche, des chercheurs ou l’Observatoire National interministériel de sécurité routière. L’attitude va de l’occultation des faits, voire le déni de la réalité à des formulations imprécises :

  • " Le lobby français de la sécurité routière ne fait pratiquement jamais allusion à l’amélioration de la sécurité des voitures elle-même » (FSP p.45). Provocation évidente, la Ligue contre la violence routière a développé avec des experts le concept de voiture citoyenne avec un classement faisant intervenir trois évaluations de la qualité du véhicule dans le domaine de la sécurité. Ces données sont accessibles sur le site www.voiturecitoyenne.fr
  •  « il faut toute la mauvaise foi idéologique d’un Claude Got pour ne décrire dans l’évolution de la construction automobile que la mise à disposition de monstres de puissance capables de pulvériser les limites de vitesse : comme si ce n’était pas au conducteur de les respecter » (FSP p.49). Parler ainsi d’un chercheur qui a travaillé trente ans avec les industriels de l’automobile pour améliorer la sécurité de leurs produits et a reçu pour ses travaux trois « awards » de la SAE (société américaine des ingénieurs de l’automobile) est une manipulation évidente de la réalité qui indique à quel niveau de déni se situent les écrits d’Airy Routier.
  •  « Au dire de la gendarmerie… » (FSP p.133)

Ce flou peut également concerner des décisions politiques particulièrement importantes :

  •  « François Mitterrand déclare que « le gouvernement ne reculera pas d’un pouce sur le permis à points »(FSP p.56), où et quand cette déclaration a-t-elle été faite, quelle est la source de cette citation ?
  •  Dans le même passage qui contient la citation contestée de Geneviève Jurgensen, Airy Routier ne cite pas ses sources, alors qu’il ne s’agit pas d’un secret d’Etat. Quand il ajoute : « Geneviève Jurgensen se demande même s’il sait que la France entière est bloquée », une telle affirmation ne pourrait venir que d’elle-même et il convenait alors de citer la source, par exemple un journaliste rencontré par Geneviève Jurgensen après cet entretien. Cela n’est pas fait.

La forme extrême de cette occultation des données disponibles et d’affirmations sans preuve consiste à citer une source, par exemple le communiqué d’une association, l’APIVIR du 25 mars 2006, avec le commentaire suivant : « On trouve tout dans ce communiqué : la comparaison avec le problème de l’amiante pour menacer les hommes politiques d’actions ultérieures engageant leur responsabilité ; la référence aux "statistiques des assureurs", aux  "publications des chercheurs", jamais référencées qui évoquent un risque particulier des voitures puissantes, sans que celui-ci soit étayé » (FSP p.161). Le site internet de l’APIVIR, contient toutes les références des faits concernés par ce communiqué, avec le plus souvent des citations et des illustrations provenant des documents originaux.

Conclusions
La pratique de la documentation sélective retenant les opinions défavorables à une politique publique et occultant toutes les sources susceptibles de la justifier est d’un usage constant dans un « livre d’opinion » destiné à dénigrer sans informer.
Il suffit alors d’établir la liste des citations bibliographiques et leur contenu pour comprendre que l’on n’a pas affaire à un livre « sérieux » mais à une instruction à charge qui ne retient que les éléments favorables aux thèses défendues. Les autres arguments sont occultés, niés ou déformés. L’ensemble de ces pratiques supprimant tout équilibre et toute honnêteté intellectuelle est caractéristique de la manipulation.