critiques des contrôles automatiques
Accueil | Table des matières | RemonterLa mise en place du système automatisé de contrôle et de sanction marque une rupture dans les méthodes utilisées pour assurer le respect de la règle. Dans tous les secteurs dans lesquels la sécurité humaine est mise en question par l'usage de machines, des systèmes de contrôles utilisant des machines sont utilisés pour compléter la gestion humaine du risque. Personne n'y trouve à redire quand une machine surveille une machine dont l'action est indépendante de l'homme, la procédure est différente quand un système automatique contrôle une action humaine volontaire, par exemple le choix d'une vitesse de circulation sur la route par le conducteur d'une voiture. L'usager est alors "surveillé" et s'il accepte moins bien la surveillance par le radar automatisé que par le policier mettant son oeil derrière ses jumelles "eurolaser", c'est à la fois parce qu'il est soumis à un automatisme "inhumain" et parce que cet automatisme est beaucoup plus performant que l'humain. Un radar automatisé peut surveiller une route 24 heures sur 24 et tous les jours de l'année. Dans ce contexte, le jeu avec le risque d'être pris disparaît, toutes les infractions étant sanctionnées.
La mise en oeuvre des radars automatiques à partir de novembre 2003 a provoqué de multiples commentaires, allant des opinions les plus favorables jusqu'aux critiques les plus virulentes. Il est utile d'analyser les réactions défavorables pour tenter d'identifier la partie fondée de ces critiques et celle qui ne l'est pas. Certaines de ces critiques ayant été exprimées dans de multiples médias, je les traiterai sans citer leur source, en faisant une synthèse de différentes formulations rencontrées. Ce sont, par analogie avec les "FAQ" des sites internet des producteurs de matériel informatique et de logiciels des "CFE", ou Critiques Fréquemment Exprimées. D'autres ont été rédigées sous une forme particulière qui mérite sa reproduction et dans ce cas je citerai le texte d'origine et la référence de la source.
Critiques Fréquemment Exprimées
- Le mauvais choix des emplacements. Les radars ne sont pas placés aux endroits les plus dangereux, il est absurde de les mettre sur les autoroutes qui ont la plus faible mortalité au kilomètre parcouru. Ce choix montre bien qu'il s'agit uniquement de gagner de l'argent sur le dos de l'usager, la sécurité routière étant un alibi commode.
- le CSA est un nouvel exemple de la priorité donnée à la sanction dans notre pays aux dépens de la prévention par l'information et l'éducation.
- le contrôle social par des dispositifs automatiques est une atteinte aux libertés, c'est la porte ouverte à tous les abus qui nous conduiront à une soumission permanente à des dispositifs de surveillance étendus à l'infini grâce à l'informatique.
- les faibles tolérances entre la vitesse autorisée et la vitesse sanctionnée (5 km/h jusqu'à 100 et 5% au delà) sont inadaptées car les limites de vitesse ont été fixées à une époque où les tolérances des policiers et des gendarmes étaient plus élevées que celles qui ont été décidées.
- pourquoi indiquer la présence des radars par une signalisation spécifique placée quelques centaines de mètres avant l'appareil ? Cette pratique supprime une grande partie de l'efficacité des radars, ils ne devraient pas être signalés. La critique opposée est apparue plus récemment avec la mise en service de radars automatiques mobiles placés dans des véhicules, il serait anormal de faire de tels contrôles sans les signaler.
Critiques spécifiques d'un problème ou d'un lieu
- quelles vitesses pour Nice ? notamment sur la promenade des Anglais (Nice Matin -3.01.2004).
- absence de sanctions possibles pour le chef d'entreprise qui refuse d'indiquer le nom du conducteur d'un de ses véhicules, un arrêt de de la Cour d'appel de Paris ayant conclu récemment à l'impossibilité de lui retirer des points (Canard Enchaîné - 24.12.2003).