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État des lieux
Le palmarès Voiture Citoyenne
Par Hervé Dizy, trésorier national bénévole de la Ligue contre la violence routière
Dans la continuité du travail de reprise du vite de Claude Got, l’IA a repris et mis à jour le site de la Voiture Citoyenne sauvegardé avant sa disparition. Hervé Dizy avait déjà participé à la mise à jour de ses données en 2013, sous la direction de Claude Got. 2013 est ainsi la date du dernier palmarès. Lors de la première parution du palmarès, les constructeurs ont tout fait pour étouffer la communication de celui-ci. FIAT a été le premier constructeur à communiquer sa première place (14,1/20) dans le palmarès en 2005 grâce à son modèle Fiat Punto Active 1.2. En queue de classement on trouve : l’Audi TT 3.2 (4/20), la Mercedes-Benz ML 320 CDI et la Kia Carnival CRDI (3,9/20). On comprend aisément pourquoi certains constructeurs ont fait pression dans les médias pour que ce palmarès soit caché.
Claude Got avait inventé l’équivalent du nutriscore (31 octobre 2017 en France) pour les automobiles. Claude Got a aussi compris que la formule de l’énergie cinétique (1/2 m v2) synthétise la dangerosité d’un véhicule. Il suffit alors de considérer la vitesse maximale et le poids d’un modèle pour exprimer le danger qu’il représente. Aux données de EuroNCAP sur la protection des usagers de la route (à l’intérieur et à l’extérieur du véhicule), il a ajouté cette notion de dangerosité (à trouver sur le site de chaque constructeur) aini que la consommation du véhicule. De la consommation on déduit la pollution des gaz d’échappement. Certains constructeurs sont très mal notés car ils n’ont que faire de la protection des personnes qui se trouvent à l’extérieur du véhicule. Le but du palmarès est ainsi de pousser les constructeurs au respect de tous et de l’environnement. Ce classement indépendant du lobby automobile est un levier très puissant pour changer les mentalités.
L’IA Claude a actualisé les données sur vingt ans, de 2005 à 2025, à partir des résultats EuroNCAP mais il y a encore beaucoup de travail pour arriver à la hauteur du travail de Claude Got.
Une première version est en ligne : violenceroutiere.fr/voiture-citoyenne
Le palmarès actuel ne compte encore qu’entre 20 et 40 véhicules par année — loin des 1 423 véhicules recensés en 2013 avec Claude Got. Le travail de complétion se poursuit.
Le site explique la méthode utilisée. Les textes sont de Claude Got.
Si nous voulons conserver la liberté de nous déplacer dans des voitures particulières, nous devons nous adapter à des contraintes importantes. Il faut utiliser des voitures dont les caractéristiques techniques tiennent compte de la nécessité non seulement d’assurer la sécurité des occupants, mais également de réduire le risque pour les autres, le gaspillage des combustibles fossiles et la modification du climat par accroissement de l’effet de serre.
Médecin légiste, Claude Got est nommé professeur à l’hôpital de Garches en 1965, puis devient chef du service d’anatomie pathologique en 1970. Garches, lieu d’accueil majeur des accidentés de la route, le sensibilise très tôt aux ravages de l’insécurité routière. Il devient l’un des pionniers de l’accidentologie en France, discipline qui croise les connaissances de plusieurs domaines, et contribue au développement et à l’amélioration des ceintures de sécurité dans les véhicules.
C’est aussi lui qui répète inlassablement dans les médias que l’alcool est à l’origine de 40 % des décès par accidents de la circulation — un changement de focale considérable à l’époque. Fort de cette expertise, il s’engage dans l’action publique : il rejoint en 1978 le cabinet de Simone Veil, alors ministre de la Santé, puis, de 1979 à 1981, celui de son successeur Jacques Barrot.
Un expert qui a voulu aussi agirClaude Got ne s’est pas contenté d’être un expert respecté : il a voulu peser directement sur la décision publique. En 1987, il s’associe à François Grémy (1929-2014), spécialiste d’informatique médicale et de santé publique, à Maurice Tubiana (1920-2013), cancérologue et spécialiste du tabac, et à Albert Hirsch, pneumologue et spécialiste du tabac. Les médias surnomment ce groupe les « Cinq Sages ».
« tabac-alcool-vitesse = 100 000 morts »
En 1988, ce slogan resté célèbre sert à interpeller les candidats à la présidence de la République. Leur action contribuera directement au vote de la loi Évin en 1991.
Le groupe s’élargit ensuite avec Chantal Perrichon et Catherine Hill, et devient le « Club Santé publique », qui continuera à interroger chaque candidat à la présidentielle sur sa politique de santé publique. Claude Got tenait à jour, sur son site, l’ensemble des textes produits par ce collectif.
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