Objectif -50% de tués en 2027 vs 2017 : avec la mobilisation de tous, c’est possible !
État des lieux



La Ligue contre la violence pousse un cri de colère et dit STOP !
– STOP à l’inaction devant une hausse continue du nombre de victimes de drames routiers depuis 12 mois (+6% en mars 2026, après +3% en février, +12,4% en janvier, +3,9% en décembre 2025, +1,9% en novembre , +7,9% en septembre, +17,6% en août, +21,8% en juillet, +16,9% en mai , +5% en avril)
– STOP à l’augmentation intolérable du nombre de victimes de drames routiers tous évitables. + 6% de personnes tuées en mars, c’est 14 personnes tuées de plus par rapport aux 232 personnes tuées en mars 2025, et c’est aussi 140 victimes directes et indirectes (entre 4 et 5 par jour) qui auraient dû être évitées.
– STOP au vrai bilan de guerre sur nos routes que trop de nos décideurs et nos représentants refusent de voir. Car nous devons déplorer chaque année depuis plus de 12 ans les plus de 200 000 victimes directes et indirectes (familles et proches) dont les vies sont brisées ou fortement impactées. Cessons d’importer des conflits sur notre territoire et ne fermons plus les yeux sur nos scandales internes totalement évitables avec un tout petit peu de courage politique.
– STOP au refus de voir qu’une politique volontariste définissant une trajectoire de diminution du nombre de victimes de la route peut très concrètement, à hauteur de plusieurs milliards d’euros par an, contribuer à la trajectoire du déficit budgétaire sous les 3 % en 2029.
– STOP à l’autosatisfaction qui fait dire à notre ministre que « … nous avançons dans la bonne direction… ». Non, Madame la Ministre les résultats publiés ce jour pour le mois de mars ainsi que ceux des mois précédents montrent tout le contraire.
-STOP au refus d’assumer l’engagement de la France à « 0 tué, 0 blessé grave en 2050 ». Ayons collectivement le courage de faire partager cet engagement par tous les Français ne serait-ce que parce que ce sujet répare un manque et porte une vraie vision d’apaisement de la société en évitant cette situation absurde : perdre la vie ou être gravement blessé sur la route.
-STOP aux atermoiements qui empêchent de prendre des décisions courageuses à effet immédiat comme le port du casque pour les cyclistes ou d’accessoires de visibilité pour les usagers vulnérables.
-STOP aux décisions contre productives qui affaiblissent le respect des règles comme la non suppression de points en cas de « petits » dépassements de vitesse, les amendes forfaitaire délictuelles, ….
Dans ce contexte la Ligue contre la violence routière exige de nos décideurs et de nos représentants, dans les plus brefs délais :
– l’organisation d’Etats généraux de sécurité routière pour définir une feuille de route de mesures permettant désormais de respecter l’engagement de la France à diminuer significativement le nombre de victimes de la route,
– mettre fin à la banalisation orchestrée des victimes de la route en proposant un changement de paradigme rééquilibrant permis de conduire et devoir de bon sens conduite et en obtenant l’engagement de chaque conducteur à agir dans ce sens. Une société apaisée passe par une route apaisée.
Agissons dès demain car chaque jour qui passe sans progrès ce sont 550 victimes directes et indirectes, une toutes les 3 minutes, que nous devons déplorer alors qu’elles sont évitables et qu’il n’y a aucune garantie si rien ne bouge que nous ne soyons pas la prochaine … victime !
Le permis de conduire est officiellement une autorisation administrative qui atteste des compétences sanctionnées par l’État, il est comparable à un titre scolaire. Semblable à un diplôme, le permis apparaît exceptionnel en ceci qu’il est aujourd’hui un des rares titres à être davantage possédé par les hommes que par les femmes. C’est seulement en 1993 que les femmes rattrapent le taux masculin de 1967. Le centre francilien pour l’égalité femmes-hommes relevait qu’en 2020, en Île-de-France, 70 % des femmes en âge de conduire avaient le permis de conduire, contre 82 % des hommes. Les femmes réussissent en moyenne moins bien que les hommes. Selon la Tribune des Auto-écoles, le taux de réussite des femmes au permis B est de 53 % contre 61 % pour les hommes. « Les femmes viennent pour apprendre à conduire et non pas seulement pour décrocher leur permis ». Bien que les déplacements des femmes soient plus « complexes » que ceux des hommes, liés par exemple aux courses, à l’accompagnement des enfants à l’école ou aux activités de loisir et aux tâches administratives, elles sont plus sûres. Selon le dernier bilan de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 3 193 personnes sont décédées sur les routes de France métropolitaine en 2024 : 2.465 hommes (78%) et 728 femmes (22%). Seules 16% des personnes présumées responsables d’un accident mortel sont des femmes, contre 84% d’hommes.
| Hommes | Femmes | |
|---|---|---|
| Vitesse | 35% | 19% |
| Alcool | 28% | 12% |
| Stupéfiants | 15% | 7% |
| Malaise | 13% | 11% |
| Inattention | 9% | 16% |
| Priorité | 12% | 13% |
Le permis de conduire révèle un paradoxe : les hommes réussissent mieux l’examen pratique que les femmes, avec un écart d’environ huit points. Mais une fois sur la route, ils sont responsables d’une forte majorité des accidents mortels (84%) et des retraits de permis pour solde nul (83%). Les femmes réussissent aussi bien que les hommes l’épreuve théorique du code de la route, mais échouent davantage à l’épreuve pratique. Il y a une croyance tenace des femmes « mauvaises conductrices ». Cette vision imprègne tout le système d’apprentissage et d’évaluation. Jean-Pascal Assailly, psychologue spécialisé dans la sécurité routière, l’illustre ainsi : « Les femmes seraient de mauvaises pilotes, incompétentes, paniqueraient vite, donc doivent être plus prudentes. Les hommes s’estiment compétents : moi je peux me permettre de jouer avec les règles, je peux me permettre d’être imprudent. …… Les femmes finissent par intégrer le stéréotype, elles vont plus stresser. Et le stress , est un facteur d’échec ». Cette pression commence d’ailleurs dès l’apprentissage : «Une auto-école propose en moyenne un nombre d’heures de conduite plus élevé de près de deux heures aux femmes qu’aux hommes»
Si les femmes sont pénalisées par l’anxiété liée aux stéréotypes, les hommes bénéficient à l’inverse d’un excès de confiance qui leur profite le jour de l’examen. L’épreuve pratique valorise l’assurance et la rapidité de décision, des qualités que les jeunes hommes ont été socialisés à afficher.
Par ailleurs, les hommes ont globalement tendance à prendre plus de risques, à moins respecter les règles que les femmes. Les femmes pensent davantage aux conséquences de leurs actes sur autrui. Enfin les accidents des femmes sont dans le registre de l’erreur, alors que ceux des hommes sont dans l’infraction ou le délit et sont beaucoup plus graves.
Face à ce constat, Jean-Pascal Assailly propose de « Féminiser la profession. Plus de femmes monitrices, inspectrices, formatrices, plus on peut espérer que ça fasse bouger le stéréotype. » Il suggère de mieux évaluer «l’attitude par rapport au risque, par rapport à l’alcool dans une logique de contrôle continu, plutôt qu’une performance ponctuelle lors d’une épreuve de 32 minutes en conditions artificielles, conclut-il.
Initialement destiné à un usage alimentaire, dans les siphons à chantilly, ou médical pour ses propriétés antidouleur, le protoxyde d’azote peut s’acheter en supermarché et sur Internet. Un usage détourné de ce gaz bon marché s’est répandu ces dernières années dans le milieu festif et parmi des adolescents et des jeunes adultes, qui l’inhalent par le biais d’un ballon de baudruche, après avoir « cracké » la cartouche métallique qui le contient. Les séquelles, selon le Dr Cécile Bossaert, médecin urgentiste au CHU de Lille, sont notamment des « complications neurologiques, des troubles cognitifs et de mémoire, des vertiges, des difficultés à marcher, ainsi que des caillots de sang qui se forment dans les veines ou les artères, pouvant provoquer infarctus, AVC, embolies pulmonaires. Au volant, ça donne des gens qui n’arrivent pas à s’arrêter, qui ne peuvent pas du tout respecter le code de la route et qui n’ont aucune conscience de ce qui se passe autour d’eux. Ils vont avoir des accidents soit pour eux, soit renverser des piétons ou rentrer dans une autre voiture. »
Le ministre de l’intérieur a présenté le 24 mars 2026 un projet de loi qu’il estime « répondre au besoin d’autorité exprimé par les Français » pour lutter, entre autres, contre l’usage détourné du protoxyde d’azote. Il devrait être inscrit à l’ordre du jour du Parlement avant l’été pour une adoption souhaitée à l’automne. Concrètement il prévoit la création de plusieurs délits :
Le protoxyde d’azote n’étant pas encore référencé dans la liste des stupéfiants, c’est seulement un produit licite dont la vente est interdite aux mineurs. Il est appelé à tort « gaz hilarant », la Ligue préfère utiliser le terme « proto » parfaitement compris par les jeunes et refuse de faire référence au rire qui n’en est pas un car il est totalement factice et hors de contrôle. Par ailleurs, en l’état actuel des recherches scientifiques, ce gaz est difficile à détecter chez ses consommateurs et aucun test n’est pour l’instant homologué. Puisqu’on ne peut pas tester, Guillaume Grzych, biologiste-chercheur au CHU de Lille pose la bonne question « est-ce que ce sera applicable et appliqué ? »
Nous espérons, que les parlementaires amenderont ce texte proposé par le gouvernement afin d’aller plus loin et envisager une inscription sur la liste des produits stupéfiants. Madame Amandine Scattarreggia, dont le fils Kenny a été tué en 2020 par un conducteur qui avait inhalé du protoxyde d’azote, et son mari Eric ont rejoint la Ligue contre la violence routière et mènent un combat acharné contre l’usage détourné de ce produit. Ils jugent ce projet insuffisant pour stopper ce fléau « C’est un premier pas, mais on est loin de ce qu’il faut parce que la consommation de protoxyde d’azote doit être considérée comme une circonstance aggravante en cas d’accident. Au même titre que la conduite sous l’emprise de drogue et stupéfiant. Pour nous, la grande la grande avancée, ce serait ça !
Nous attendons, de l’État, qu’il ne promette pas des lois qui ne changeront rien, pour le seul bénéfice d’un effet d’annonce positif.
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