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notions erronées sur les limitations de vitesse sur autoroutes

📃 HTML analyse_critique 1973–2003

vitesses sur les autoroutes italiennes et autrichiennes

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Dans deux documents différents, Airy Routier fait état de l’accroissement de la vitesse maximale autorisée sur certaines autoroutes en Autriche et en Italie dans le but de réduire le risque lié à la baisse de vigilance.

Dans une video mise sur le site du Nouvel Observateur le 27 mars 2007 et dans un texte publié par Valeurs actuelles, Airy Routier fait état de faits non documentés concernant l’influence de l’accroissement des vitesses maximales autorisées sur les autoroutes italiennes et autrichiennes.
 « en Italie et en Autriche, par une politique de sécurité routière intelligente, qui renforce les sanctions mais assouplit les contraintes : c’est ainsi que la vitesse maximales sur autoroute a été portée de 130 à 150  et 160 km/h. Parce que l’absence de vigilance est jugée aussi dangereuse, si ce n’est plus, que l’excès de vitesse »( Dvaleursactuelles13avril2007AR.pdf)
"Les italiens et les autrichiens augmentent la vitesse sur les autoroutes pour avoir moins de morts".( AvideoNO27mars2007.html).

Les Italiens et les Autrichiens ont une mortalité au kilomètre parcouru sur autoroute supérieure à la nôtre, ce n'est pas parce que le lobby de la vitesse de ces pays a obtenu cet accroissement de la vitesse maximale autorisée sur certaines parties de leur réseau autoroutier qu'il faudrait imiter cette erreur.

  • L’Autriche a fait une expérimentation de courte durée de vitesse plus élevée sur des tronçons d’autoroute, elle a été abandonnée le 22 avril 2007, une semaine après les propos d’Airy Routier dans valeurs actuelles.
  •  En Italie, le ministre Pietro Lunardi avait annoncé son intention d’accroître à 160 km/h la vitesse maximale sur certaines autoroutes le 26 juillet 2001, il a ensuite réduit à 150 km/h cette limite qui pouvait être mise en œuvre à partir de novembre 2003 par les sociétés d’autoroute. Aucune d’entre elles n’a utilisé cette possibilité et il est donc faux d’affirmer que les Italiens ont accru la vitesse maximale sur leur réseau autoroutier.
  • En France, l’évolution de la mortalité sur les autoroutes en fonction de la variation des limites de vitesse a été documentée avec précision pendant la période 1973/1974 qui a connu trois modifications successives des vitesses maximales autorisées. Le passage de l’absence de vitesse maximale à 120 km/h en décembre 1973 a divisé par deux la mortalité au kilomètre parcouru. Il est donc absurde d’imaginer que la diminution de la vitesse de circulation accroit la mortalité en agissant sur la vigilance.

Une nouvelle preuve a été apportée dans notre pays de cet effet favorable sur la mortalité du respect des limitations de vitesse à partir de la fin 2002. Elle est traitée par ailleurs : Pe1evolmortaliteARO2005.doc
La mortalité sur autoroutes a fortement baissé depuis 2003.

mortalité sur les autoroutes

La vitesse moyenne sur les autoroutes s’est également abaissée.
DevolvitesseARO2005.pdf
Une analyse récente de la mortalité par hypovigilance pendant la période d’effondrement de la mortalité globale sur les autoroutes a été réalisée par l’ASFA (Association des Sociétés Françaises d’Autoroutes et d’ouvrages à péage). Ses résultats contredisent l’hypothèse de l’augmentation des accidents par trouble de la vigilance après la réduction des vitesses de circulation obtenues en 2003/2004. (DaccidentsAROhypovigilance.pdf). Leur taux est demeuré stable entre 33% et 36% des accidents mortels (36% en 2001, 34% en 2002, 33% en 2003 et 35% en 2004).

Conclusion
Cette hypothèse d’un abaissement des vitesses dans deux pays européens pour réduire la mortalité s’est révélée inexacte en Autriche et elle a été rapidement abandonnée. Elle n’a jamais été mise en œuvre en Italie. En France les deux épisodes de réduction des vitesses sur les autoroutes, en 1973 par abaissement de la vitesse maximale et en 2002 par une application plus stricte de la règle, ont été caractérisés par une baisse très forte de la mortalité.