Le site du Professeur Claude Got renaît grâce à l’intelligence artificielle

Le site du Professeur Claude Got renaît grâce à l’intelligence artificielle

Par Hervé Dizy, trésorier national bénévole de la Ligue contre la violence routière

Pendant cinquante ans, Claude Got a documenté l’insécurité routière en France : analyses, rapports, prises de position, données chiffrées. Ce travail, accumulé sur son site personnel depuis 1999, risquait de devenir inaccessible. Grâce à l’intelligence artificielle, il revit aujourd’hui sous une forme consultable et interrogeable en langage naturel.

Un site devenu inaccessible

Claude Got avait créé le site securite-routiere.org le 5 avril 1999, et l’avait mis à jour pour la dernière fois le 20 avril 2022. Cinquante ans de textes et de graphiques s’y trouvaient réunis. Mais le site n’était pas sécurisé (il est accessible seulement en HTTP pas en HTTPS), et la plupart des navigateurs modernes empêchent désormais d’y accéder librement.

Deux options pour interroger 50 ans d’archives

En avril 2026, Claude (le modèle Claude Sonnet, d’Anthropic) s’est montré capable d’effectuer ce travail méticuleux et fastidieux de reprise du site. Claude fait renaître Claude en  quelque sorte.

Le résultat est consultable dès aujourd’hui : violenceroutiere.fr/claude_got

Il y a deux façons d’utiliser le site :

1) La recherche au moyen de filtres


Un ensemble de filtres permettent d’opérer des recherches.Le site va retrouverles articles originaux du Pr Got. Ils ont été réindexés pour retrouver par exemple les personnalités politiques citées dans les articles. Il est possible de restreindre les recherches aux graphiques et aux photos utilisées dans les articles.

On y trouve une base de 1 185 documents (217 PDF, 615 pages HTML) couvrant plus de 50 ans, organisée par grandes thématiques — vitesse et radars, alcool et drogues, mortalité routière, infrastructures, véhicules, écologie, législation, usagers vulnérables — ainsi qu’un moteur de recherche documentaire et une API JSON pour les usages avancés.

2) L’utilisation d’un agent d’Intelligence Artificielle

Au-delà de la simple migration, il a été possible d’adjoindre un agent IA permettant d’interroger l’ensemble du corpus en langage naturel, et d’obtenir des réponses construites à la façon de Claude Got lui-même, appuyées sur les documents originaux. L’IA donne les références des articles, les liens sont listés au bas de la réponse. L’IA opère une synthèse des idées du Pr Got sur le sujet. Elle permet également de moduler la longueur de la réponse.

Pour cet agent IA, nous avons choisi Mistral, intelligence artificielle française, hébergée en France et accessible gratuitement. Comme le site utilise une fonction gratuite, il arrive qu’elle ne réponde pas de suite, il faut réitérer les demandes plusieurs fois pour obtenir une réponse.

Qui était Claude Got ?

Médecin légiste, Claude Got est nommé professeur à l’hôpital de Garches en 1965, puis devient chef du service d’anatomie pathologique en 1970. Garches, lieu d’accueil majeur des accidentés de la route, le sensibilise très tôt aux ravages de l’insécurité routière. Il devient l’un des pionniers de l’accidentologie en France, discipline qui croise les connaissances de plusieurs domaines, et contribue au développement et à l’amélioration des ceintures de sécurité dans les véhicules.

C’est aussi lui qui répète inlassablement dans les médias que l’alcool est à l’origine de 40 % des décès par accidents de la circulation — un changement de focale considérable à l’époque. Fort de cette expertise, il s’engage dans l’action publique : il rejoint en 1978 le cabinet de Simone Veil, alors ministre de la Santé, puis, de 1979 à 1981, celui de son successeur Jacques Barrot.

Un expert qui a voulu aussi agir

Claude Got ne s’est pas contenté d’être un expert respecté : il a voulu peser directement sur la décision publique. En 1987, il s’associe à François Grémy (1929-2014), spécialiste d’informatique médicale et de santé publique, à Maurice Tubiana (1920-2013), cancérologue et spécialiste du tabac, et à Albert Hirsch, pneumologue et spécialiste du tabac. Les médias surnomment ce groupe les « Cinq Sages ».

« tabac-alcool-vitesse = 100 000 morts »

En 1988, ce slogan resté célèbre sert à interpeller les candidats à la présidence de la République. Leur action contribuera directement au vote de la loi Évin en 1991.

Le groupe s’élargit ensuite avec Chantal Perrichon et Catherine Hill, et devient le « Club Santé publique », qui continuera à interroger chaque candidat à la présidentielle sur sa politique de santé publique. Claude Got tenait à jour, sur son site, l’ensemble des textes produits par ce collectif.

Objectif -50% de tués en 2027 vs 2017 : avec la mobilisation de tous, c’est possible !

État des lieux

 

 

Le bilan
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