Quel est l’impact sur la conduite de l’usage d’un smartphone au volant ?
Tout ce qui vient d’être expliqué de l’impact sur la conduite d’une conversation téléphonique au volant est évidemment valable pour l’utilisation d’un smartphone. Mais s’ajoutent de nombreuses autres conséquences.
– Quand vous regardez votre téléphone, qui regarde la route ?
Le smartphone est le seul dispositif automobile qui cumule les quatre sources de distraction à même de détourner l’attention d’un conducteur :
– la distraction visuelle : le conducteur quitte la route des yeux ;
– la distraction cognitive : le conducteur se concentre sur la conversation ou sur ce qu’il lit plutôt que sur la route et la conduite ;
– la distraction auditive : le conducteur n’est plus attentif aux bruits extérieurs qui peuvent le prévenir d’un éventuel danger ;
– la distraction physique : le conducteur ne tient plus son volant à deux mains lorsqu’il compose un numéro, envoie un message ou tient son téléphone en main.
Ce que l’on peut résumer par le dessin suivant :
– L’illusion du « mythe multitâche »
Le tort des personnes qui utilisent leur smartphone en conduisant est de penser que l’on est capable de focaliser de la même façon son attention sur deux choses à la fois : la conduite et son téléphone.
C’est l’inverse qui se produit : lorsque l’on se sert de son smartphone au volant, comme au guidon de sa moto ou de son vélo, il y a conflit d’attention entre le fait de se concentrer sur la route et sa réaction à une notification, un appel ou à l’immersion sur un écran.
Le fait de penser pouvoir superposer ces deux régimes d’attention est une illusion correspondant au mythe du multitâche. Or, la conduite réclame toute notre attention et celle-ci ne peut être partagée avec celle que demande l’usage d’un smartphone.
– Conclusion générale : “smartphoner” ou conduire, il faut choisir
La dangerosité du smartphone réside dans son effet distracteur, qui n’a fait que croître au fur et à mesure des innovations technologiques. En sollicitant notre regard, mais aussi notre écoute et plus globalement notre attention, l’usage du smartphone entraîne une “compétition d’attention”. Notre cerveau se retrouve confronté à une double tâche qui perturbe l’analyse de l’environnement routier et allonge le temps de réaction dans les situations à risque. Et contrairement aux idées reçues, cet effet distracteur existe, quel que soit l’usage fait du smartphone (passer un appel, écouter un message, consulter une notification, dicter un SMS…). Et l’utilisation d’un kit mains libres ou d’un système de navigation intégrée n’y change rien, notre attention est tout autant perturbée ! Et il ne faut pas croire que les utilisateurs de véhicules à moteur soient les seuls concernés : cyclistes, utilisateurs de trottinettes et même piétons enregistrent des records de distraction !

