Quel est l’impact sur la conduite d’une conversation téléphonique au volant ?

L’impact de l’usage du téléphone sur l’activité de la conduite est analysé en détail dans une expertise collective de deux laboratoires de l’INSERM et de l’IFSTTAR[1] qui, bien que datant de 2011, conserve toute sa valeur.

1°/ Téléphone tenu à la main, kit mains libres ou Bluetooth : le même risque

Quand un conducteur se limite à converser au téléphone, ce détournement d’attention est quasiment identique que le téléphone soit tenu à la main ou muni d’un kit mains libres ou via le système Bluetooth. Le problème n’est pas la mobilisation de la main ou de l’oreille, mais celle du cerveau !

L’idée “vendue” par les constructeurs de téléphones et d’automobiles – idée acceptée par les gouvernements « soucieux de paix sociale et électorale » – selon laquelle il n’y a pas de risque d’accident en téléphonant en Bluetooth est totalement fausse.

2°/ Téléphoner entraîne de multiples effets sur la conduite[2]

Une conversation téléphonique au volant a de multiples conséquences sur la conduite et la sécurité tant des occupants du véhicule que des autres usagers de la route. Aucune d’entre elles n’est à sous-estimer.

– Augmentation du temps de réaction (de 33 % selon l’enquête CI2N[3] pour Vinci)

Augmentation du temps de freinage.

Réduction de la distance de sécurité.

Difficulté à maintenir le véhicule dans la voie de circulation (± 20 % de variation de trajectoire2).

Difficulté à maintenir une vitesse adaptée.

Réduction du champ de vision.

Difficulté à s’insérer sans danger dans le flux de circulation.

Provocation de stress, de tension, voire de frustration.

Moindre conscience de l’environnement.

– Réduction de 30% de l’enregistrement des informations par rapport à une personne qui n’use pas d’un téléphone (tenu en main ou en Bluetooth).

 

Le schéma ci-dessous illustre cette diminution de l’attention allouée à la conduite lors de différents sujets traités dans une conversation téléphonique.

3°/ Effets psychologiques et physiologiques de la connexion téléphonique[1]

Impact sur la concentration, la surcharge cognitive et le stress.

Une sonnerie de téléphone (tout comme, avec un smartphone, une alerte de notification, des bips de SMS qui se succèdent…) tous ces sons perturbent la concentration du conducteur. Ces sollicitations entrent en conflit avec l’effort mental nécessaire pour conduire : analyser l’environnement routier, adapter sa conduite… et cela en continu. Le conducteur a du mal à réfléchir correctement, ses ressources attentionnelles diminuent : il a l’impression que son cerveau « sature ». Cet état de surmenage a un nom : la surcharge cognitive.

La présence du téléphone dans l’habitacle, même si nous ne l’utilisons pas, suffit à perturber le traitement des informations remontant en continu de la route, rien qu’en émettant des sons.

Ces stimuli qui se multiplient nous mettent sous pression alors que nous devons être à la fois détendus et concentrés lorsque nous prenons le volant. Ce stress se traduit alors en impatience, nous incitant à rouler trop vite, voire avec agressivité envers les autres usagers de la route.

Charge mentale et émotionnelle.

La connexion téléphonique ne fait pas que déconcentrer le conducteur : elle peut aussi le plonger dans un état de contrariété qui va reléguer la conduite au second plan de ses préoccupations. Appels du bureau qui font remonter des problèmes à régler (tout comme, avec un smartphone, un courriel de clients, SMS des enfants qu’il faut aller chercher à l’école au plus vite…). Non seulement notre cerveau anticipe le planning à réorganiser et les solutions à trouver, mais notre affect est aussi touché. Nous ne parvenons pas à « cloisonner » nos émotions qui interfèrent avec la lucidité nécessaire à la conduite.

[1] INSERM : Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale. IFSTTAR : Institut Français des Sciences et Technologie des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux.
https://www.inserm.fr/expertise-collective/telephone-et-securite-routiere/
[2] https://www.securite-routiere.gouv.fr/dangers-de-la-route/le-telephone-et-la-conduite
[3] Centre d’Investigations Neurocognitives et Neurophysiologiques (CNRS et Université de Strasbourg).

Objectif -50% de tués en 2027 vs 2017 : avec la mobilisation de tous, c’est possible !

État des lieux

 

 

Le bilan
Haut de page