Comment les professionnels de la route se comportent-ils avec leur smartphone ?

1°/ Une étude particulière sur le comportement des chauffeurs de poids lourds

Les chauffeurs de poids lourds téléphonent beaucoup quand ils conduisent, si l’on en croit la seule étude sérieuse, mais très limitée, dont nous disposons sur leur comportement. Il s’agit de l’étude ASFA[1] datant de 2022 qui mesure l’usage du téléphone et n’est donc pas une étude déclarative. Les trajets ne sont effectués que sur autoroutes.

Méthodologie de l’étude

L’étude porte sur le comportement de trois conducteurs de poids lourds volontaires, recueilli pendant une semaine, de jour comme de nuit, Ils sont filmés ainsi que la route par caméras embarquées de type dashcam ; une caméra positionnée à l’extérieur permet de contextualiser l’environnement autoroutier.

Cette étude est donc très limitée tant par le nombre de chauffeurs que le milieu de déplacement réduit aux autoroutes. Mais elle est précise et en situation de conduite réelle pendant une cinquantaine d’heures.

L’usage du téléphone est indissociable de la conduite

L’étude a permis de mettre en évidence une habitude qui s’avère être installée : les conducteurs de poids lourds semblent effectivement avoir intégré l’usage du téléphone à leur conduite.

 Temps de conduite passé au téléphone

Le temps passé sur le téléphone par les trois chauffeurs représente en moyenne 9 % de leur temps de conduite sur autoroute.

– Fréquence d’utilisation du téléphone

Ces derniers utilisent leur téléphone en moyenne 10 fois par heure.

– Durée moyenne d’utilisation

La durée moyenne d’une utilisation est de 32 secondes.

– Durée de non-attention à la route

La durée des phases pendant lesquelles les conducteurs regardent leur téléphone et non la route est en moyenne de 2,4 secondes, ce qui représente 60 mètres parcourus à 90 km/h ; la durée peut même atteindre 7 secondes, soit 175 mètres.

– Téléphone tenu en main ou support

Lors de son utilisation, le téléphone est, soit tenu en main, soit accroché à un support dédié, les deux pratiques étant comparables en temps d’usage.

Cette étude très partielle ne distingue pas entre les différentes raisons d’utilisation du téléphone : conversation, SMS, e-mails. Cependant, l’ASFA commente cette enquête de la façon suivante : « l’inattention est relevée dans 14 % des accidents mortels sur autoroute ; elle est à l’origine de 38% des accidents du personnel en intervention sur autoroute. Le téléphone au volant est une pratique qui aboutit à des drames. »

2°/ Les conducteurs professionnels de véhicules de tourisme (VT : les pires !)

Chez les professionnels « mobiles » utilisant un véhicule de société pour exercer leur métier (commerciaux de terrain, techniciens et professions libérales, comme les infirmières à domicile), la voiture est considérée comme l’équivalent d’un bureau et le téléphone comme un outil de travail à part entière.

Selon l’enquête AXA publiée en 2024 et dont nous avons déjà fait état[2] :

  • 97% disent utiliser leur téléphone au volant (pratiquement tous !),
  • 57% avouent envoyer des SMS,
  • 23% participent même à des réunions téléphoniques en conduisant !

Il est même distingué entre deux types de trajets.

– Usages du smartphone lors des trajets domicile-travail :

– Usages du smartphone lors des trajets professionnels :

Tous ces chiffres montrent une telle méconnaissance des dangers des distracteurs associés aux multiples utilisations des smartphones qu’ils défient les commentaires !

[1] Observation embarquée de l’usage du téléphone par des conducteurs de poids lourds sur autoroute. ASFA/Cerema juillet 2022.
https://www.autoroutes.fr/FCKeditor/UserFiles/File/ASFA_information_presse_observatoire_camera_embarquee_telephone_au_volant_DEF.pdf
[2] AXA Prévention 2024 : 20 ans de prévention routière, comprendre et agir
https://coreaxaprevention.cdn.axa-contento-118412.eu/coreaxaprevention/f5e3d827-2263-427a-92c8-016ca62205e4_livret_AXA_2024_PR_web.pdf/

Objectif -50% de tués en 2027 vs 2017 : avec la mobilisation de tous, c’est possible !

État des lieux

 

 

Le bilan
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